Foire aux questions
Vous vous interrogez sur l’eau bicarbonatée, l’équilibre acido-basique ou leurs effets sur la santé ? Cette FAQ regroupe les réponses claires et scientifiques aux questions les plus fréquentes.
De la régulation rénale à la prévention cardiovasculaire, en passant par les os, les muscles, les maladies chroniques et le sport, découvrez comment les bicarbonates s’intègrent dans la nutrition et la pratique clinique.
Équilibre acido-basique
L’équilibre acido-basique correspond à la capacité de l’organisme à maintenir un pH sanguin stable, autour de 7,4. Cet équilibre est fondamental car de nombreux processus biologiques (enzymatiques, musculaires, osseux et métaboliques) ne fonctionnent correctement que dans cette zone étroite. Une acidose chronique, même légère, peut accélérer la perte osseuse, favoriser la fonte musculaire et augmenter le risque de maladies métaboliques.
Le corps s’appuie sur trois systèmes principaux :
- Les tampons chimiques (dont les bicarbonates), qui neutralisent immédiatement l’excès d’acidité.
- Les poumons, qui éliminent le dioxyde de carbone produit par l’organisme.
- Les reins, qui ajustent sur le long terme l’excrétion d’ions H⁺ et la réabsorption de bicarbonates.
Ces mécanismes peuvent être dépassés par une alimentation très acidifiante ou par certaines pathologies chroniques.
Il s’agit d’un déséquilibre discret mais persistant où l’organisme tend vers l’acidité, sans tomber dans une acidose sévère. Ce phénomène, documenté par de nombreuses études cliniques, est fréquent dans les régimes occidentaux riches en protéines animales et produits transformés. Il est associé à un risque accru d’ostéoporose, de sarcopénie, de calculs rénaux et de maladies non transmissibles (MNT).
Les aliments riches en protéines animales, sel et produits transformés génèrent une charge acide positive (PRAL élevé). À l’inverse, les fruits, légumes et les eaux bicarbonatées apportent des bases qui compensent cet excès. Mansouri et al. (2024) ont montré qu’une consommation quotidienne d’eau bicarbonatée augmentait le pH urinaire de +0,5 unité en moyenne, illustrant l’impact direct de l’alimentation sur la régulation acido-basique.
Eaux bicarbonatées et rein
Le rein est l’organe clé qui ajuste en permanence la balance acide-base. Il élimine l’excès d’ions H⁺ dans les urines et réabsorbe les bicarbonates filtrés. Lorsque la fonction rénale décline, cette régulation s’affaiblit, favorisant l’apparition d’une acidose chronique.
En alcalinisant les urines, les bicarbonates réduisent la charge acide qui pèse sur le rein. Ils améliorent le pH urinaire, réduisent l’excrétion acide nette et stabilisent le pH sanguin. Dans l’insuffisance rénale chronique, les urines acides participent, au fil du temps, à une dégradation de la fonction rénale pouvant conduire à la dialyse. Le bicarbonate de sodium, puissant tampon, permet de neutraliser une partie de cette charge acide et de ralentir l’évolution de la maladie. Les néphrologues l’utilisent couramment dans leur pratique quotidienne chez les patients insuffisants rénaux chroniques.
Dr Thierry Hanh, médecin nutritionniste (Paris).
Oui. L’acidification des urines favorise la cristallisation de l’oxalate de calcium et de l’acide urique, principaux constituants des calculs. Les bicarbonates, en alcalinisant les urines, réduisent ce risque. La Review HCO₃ 2025 rapporte une diminution des récidives lithiasiques chez les patients à risque consommant régulièrement des eaux bicarbonatées.
de l’insuffisance rénale chronique (IRC) ? Déplier
Non. Elles peuvent constituer un levier nutritionnel complémentaire en aidant à neutraliser la charge acide, mais elles ne se substituent jamais aux traitements prescrits. Leur consommation doit toujours être envisagée dans le cadre d’un suivi médical, notamment pour éviter tout déséquilibre hydrosodé.
Dans l’insuffisance rénale chronique, les urines sont acides et participent à la dégradation de la fonction rénale jusqu’à la dialyse. Le bicarbonate de sodium est un puissant tampon qui neutralise une partie de cette charge acide. Un apport de bicarbonate chez un patient insuffisant rénal permet de ralentir l’évolution de la maladie. Les néphrologues l’utilisent couramment dans leur pratique.
Dr Thierry Hanh, médecin nutritionniste, Paris
Les effets du bicarbonate peuvent être vérifiés par de nombreux paramètres sanguins et urinaires. Le plus simple consiste à mesurer le pH urinaire. Avec notre alimentation habituelle, l’urine est acide. Une consommation suffisante de bicarbonate entraîne une hausse du pH, qui devient neutre à alcalin. Cela indique que les réserves basiques sont reconstituées et cela peut être facilement mesuré à l’aide de bandelettes urinaires.
Dr Thierry Hanh, médecin nutritionniste, Paris
Sodium, cœur et bicarbonates
Ces deux sels nous apportent du sodium, un minéral essentiel à la vie humaine qui doit donc être consommé dans le cadre de notre alimentation. Le chlorure de sodium ou sel de table fournit aussi du chlorure, une substance également essentielle. Cependant, la combinaison des deux n’a pas seulement des effets bénéfiques, mais aussi des effets négatifs lorsqu’elle est consommée en excès. Le problème est que cet excès est fréquent dans notre alimentation. En revanche, le bicarbonate de sodium n’a pas ces effets négatifs. Au contraire, il présente une série d’effets avantageux qui font l’objet d’études de plus en plus approfondies
Pr. Andreas Hahn, Nutritionniste et scientifique en alimentation à l’Université Leibniz de Hanovre
Les publications récentes, comme celle de l’Inserm (janvier 2025) et une autre en cours de publication, montrent qu’une hydratation avec des eaux riches en bicarbonates de sodium n’aurait pas d’effets délétères sur le plan cardiovasculaire, en particulier sur la tension artérielle. L’intégration de ces eaux est donc possible.
Dr Thierry Hanh, médecin nutritionniste (Paris).
Le chlorure de sodium et le bicarbonate de sodium sont deux sels qui ont des effets physiologiques très différents. Il ne suffit donc pas de considérer le sodium de manière isolée. Il faut plutôt tenir compte de la forme sous laquelle le sodium est ingéré. Ce n’est pas une découverte récente, mais jusqu’à présent, on n’a pas suffisamment différencié les choses dans la pratique. De nouvelles données sur le bicarbonate de sodium soulignent que c’est une erreur de ne pas le faire.
Pr. Andreas Hahn, Nutritionniste et scientifique en alimentation à l’Université Leibniz de Hanovre
Dans la nature, le sodium est toujours associé à un anion. Le plus utilisé, en termes de quantité, est le chlorure de sodium appelé communément "sel de table". La préparation des aliments avec du sel de table a une longue tradition. La raison est simple : comparé à d’autres sels de sodium, il est perçu comme plus pur et plus salé, car le chlorure provoque la sensation la plus salée et, à forte concentration, il n’est pas masqué par d’autres saveurs telles que l’amertume, le sucré ou l’acide.
Pr. Andreas Hahn, Nutritionniste et scientifique en alimentation à l’Université Leibniz de Hanovre
Qu’en est-il aussi pour le bicarbonate de sodium ? Déplier
On sait depuis longtemps qu’une consommation élevée de chlorure de sodium, c’est-à-dire de sel de table, peut avoir un impact négatif sur la santé. Environ un quart de la population est considérée comme « sensible au sel », ce qui signifie que ces personnes réagissent à un régime riche en sel par une augmentation de la pression artérielle.
L’hypertension est l’un des principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Comme il est difficile de distinguer les personnes sensibles, il est recommandé de consommer le moins possible de chlorure de sodium ou sel de table.
Le bicarbonate de sodium, lui, ne provoque pas d’augmentation de la pression artérielle. De nombreuses études ont montré qu’une consommation élevée de ce sel n’entraîne pas de hausse de la tension artérielle. Au contraire, dans plusieurs études, la pression artérielle a baissé, et elle n’a jamais augmenté.
Pr. Andreas Hahn, Nutritionniste et scientifique en alimentation à l’Université Leibniz de Hanovre
Le système rénine-angiotensine-aldostérone joue un rôle central dans la régulation du bilan sodique et de la pression artérielle. La sécrétion de l’hormone aldostérone entraîne une diminution de l’excrétion de sodium dans l’urine et, finalement, une augmentation de l’eau retenue dans l’organisme, ce qui élève la pression artérielle. Ce n’est pas le sodium seul qui stimule la sécrétion d’aldostérone, mais sa combinaison avec le chlorure. C’est un fait important souvent oublié. En revanche, le bicarbonate de sodium n’a qu’un effet mineur sur ce système et n’augmente donc pas la pression artérielle.
Pr. Andreas Hahn, Nutritionniste et scientifique en alimentation à l’Université Leibniz de Hanovre
Les aliments solides contiennent très peu de bicarbonate de sodium (au maximum 5 mg/100 g).
Certains produits transformés comme les biscuits secs ou les cookies industriels en apportent 50 à 150 mg/100 g, et les crackers ou biscuits salés 200 à 300 mg/100 g. Les préparations pour gâteaux et pancakes peuvent atteindre 300 à 400 mg/100 g.
En revanche, certaines eaux minérales naturelles sont riches en bicarbonates de sodium. Leur composition dépend des roches traversées. Une eau est considérée comme bicarbonatée quand elle contient au moins 600 mg de bicarbonates /L. Les plus riches sont Vichy Célestins (2989 mg/L) et St-Yorre (4368 mg/L).
Dr Thierry Hanh, médecin nutritionniste, Paris
Tous les hypertendus n’ont pas une alimentation trop riche en sel ou chlorure de sodium. Mais il faut toujours évaluer la quantité de NaCl consommée chaque jour pour permettre d’en limiter les apports. L’explication simple est la suivante : l’association sodium + chlorure influence la tension artérielle chez le normotendu ou l’hypertendu, tandis que l’association sodium + bicarbonate n’a pas cet effet.
Dr Thierry Hanh, médecin nutritionniste, Paris
Il faut être vigilant avec le sel de table et respecter les recommandations pour limiter les risques cardiovasculaires. En revanche, l’apport en bicarbonate de sodium échappe à ces recommandations car il n’entraîne pas d’hypertension. Il apporte même d’autres bénéfices par ses propriétés spécifiques en particulier pour aider à le bonne régulation de certains organes en tamponnant l’acidité en excès dans l’organisme.
Dr Thierry Hanh, médecin nutritionniste, Paris
Ce ne sont pas de nouvelles données, mais la synthèse de nombreuses études et d’usages cliniques. Les recommandations portent essentiellement sur le sodium ce qui est important mais insuffisant. Le message essentiel est que tous les sels de sodium ne se valent pas. Le bicarbonate se distingue par l’absence d’effet délétère sur la tension artérielle et par ses bénéfices multiples dans le cas de nombreuses pathologies : insuffisance rénale, maladies cardiovasculaires, athérosclérose,… par exemple.
Dr Thierry Hanh, médecin nutritionniste, Paris
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