Le maintien de l'équilibre acido-basique dans l'organisme représente un aspect fondamental de l'homéostasie physiologique, essentielle à la vie. Il maintient un environnement interne stable, indispensable au fonctionnement des cellules, des enzymes et des réactions métaboliques. Le sang doit conserver un pH étroitement régulé entre 7,35 et 7,45.
Lorsque le pH sanguin descend en dessous de 7,35, on parle d’acidose ; lorsqu’il dépasse 7,45, il s’agit d’alcalose. Ces déséquilibres, même légers, perturbent les réactions métaboliques et enzymatiques et, lorsqu’ils persistent, peuvent avoir des répercussions cliniques.
Acidose < pH sanguin normal : 7,35 – 7,45 < Alcalose
pH urinaire : 4,5 – 8 (variable selon alimentation et hydratation)
Comprendre
1. Comment l’organisme maintient-il son équilibre acido-basique ?
La stabilité du pH sanguin repose sur trois niveaux de régulation étroitement coordonnés :
- Le premier est assuré par les systèmes tampons chimiques, en particulier le couple bicarbonate/acide carbonique, qui neutralise rapidement les excès d’acide ou de base, avec l’appui d’autres tampons comme les protéines intracellulaires et les phosphates.
- Le deuxième niveau correspond à l’action des poumons, qui régulent l’élimination du dioxyde de carbone (CO₂) : une respiration accélérée favorise l’évacuation des acides, tandis qu’une respiration ralentie tend à en accumuler.
- Enfin, les reins constituent le régulateur de long terme, en modulant l’excrétion des ions H⁺ et la réabsorption des bicarbonates.
Ce mécanisme, plus lent que la régulation respiratoire, est essentiel pour compenser les effets d’une alimentation chroniquement acidifiante et maintenir l’équilibre dans la durée.
2. Quel est l’impact de l’alimentation sur l’équilibre acido-basique ?
Chaque jour, l’alimentation apporte une charge acide ou alcaline que l’organisme doit neutraliser. Une charge acide provient surtout des protéines animales et produits transformés, qui génèrent des ions H⁺ au cours de la digestion. Une charge alcaline est liée aux sels de potassium et de magnésium, présents dans les fruits, légumes et eaux bicarbonatées sodiques.
Cette charge est mesurée par deux indicateurs :
- le PRAL (Potential Renal Acid Load), qui estime la charge acide rénale potentielle,
- et le NEAP (Net Endogenous Acid Production), qui prend en compte la production métabolique d’acides.
Un PRAL positif traduit une charge acide élevée (régimes occidentaux riches en protéines animales), tandis qu’un PRAL négatif correspond à un effet alcalinisant (fruits, légumes, certaines eaux minérales).
Exemples d’aliments
Acidifiants
viandes rouges
charcuteries
fromages
céréales raffinées
sodas
Alcalinisants
légumes verts
fruits frais
légumineuses
eaux bicarbonatées sodiques
3. Pourquoi le régime occidental favorise-t-il une acidose chronique ?
Plusieurs études cliniques et revues de la littérature ont montré que le régime occidental standard entraîne une surcharge acide chronique, favorisant l’installation d’une acidose métabolique de bas grade.
Cet état discret mais persistant ne se traduit pas toujours par des anomalies visibles dans les bilans classiques, ce qui le rend difficile à détecter. Pourtant, il exerce des effets mesurables sur l’organisme : il fragilise la fonction rénale, contribue à la perte de masse osseuse et musculaire et augmente la rigidité artérielle, autant de facteurs associés à un risque cardio-métabolique accru.
Les travaux récents (Mansouri et al., 2024 ; Hahn et al., Nutrients, 2025 ; Review HCO₃ Mineralwasser, 2025) convergent vers ce constat et confirment qu'une charge acide alimentaire persistante constitue un déterminant transversal de la santé, reliant rein, cœur, os et muscles.
Études scientifiques
Les eaux bicarbonatées ( >600mg de bicarbonates/litre) apportent des bases capables de compenser la charge acide. Leur intérêt est aujourd’hui évalué dans plusieurs essais cliniques :
- Des essais contrôlés montrent une augmentation du pH urinaire et une réduction de l’excrétion nette d’acide (NAE). Dans l’étude de Mansouri et al. (2024), quatre semaines de consommation quotidienne ont entraîné une hausse moyenne de +0,5 unité du pH urinaire.
- Mansouri K., Hanh T., Hahn A. (Nutrients, 2025) décrivent une amélioration de la capacité tampon de l’organisme et une meilleure stabilité du pH sanguin.
- D’autres travaux de synthèse évoquent une réduction de la charge acide rénale limitant le risque de calculs, ainsi qu’une préservation des tissus osseux et musculaires grâce à une diminution de la résorption osseuse et de la perte de masse maigre.
Les teneurs varient selon les sources :
Certaines eaux minérales naturelles se distinguent par leur richesse en bicarbonates, ce qui leur confère un intérêt particulier pour l’équilibre acido-basique.
St-Yorre
(Sources Alma)
4 369 mg/L
Vichy Célestins
(Sources Alma)
2 989 mg/L
Chateldon
(Sources Alma)
2 075 mg/L
Rozana
(Sources Alma)
1 770 mg/L
Vals
(Sources Alma)
1 262 mg/L
Badoit
(Groupe Danone)
1 250 mg/L
Quézac
(Sources Nestlé)
1 000 mg/L
Accompagner
Pour les professionnels de santé, un déséquilibre acido-basique de bas grade doit être envisagé comme un facteur transversal, influençant le rein, le système cardiovasculaire, les os et les muscles.
Pour la pratique clinique
Repérer les patients exposés et intégrer l’acidose de bas grade dans le raisonnement clinique.
Associer suivi diététique (réduction des aliments acidifiants, augmentation des apports alcalinisants) et hydratation adaptée.
Utiliser, si besoin, des mesures simples comme le suivi du pH urinaire pour objectiver l’évolution.
Insister sur le rôle complémentaire des bicarbonates dans une stratégie globale, sans les présenter comme une solution unique.
Tout savoir en quelques mots
L’équilibre acido-basique est défendu par les tampons chimiques, les poumons et les reins, mais nos habitudes alimentaires modernes exercent une pression constante sur ce système.
La consommation excessive d’aliments acidifiants favorise une acidose chronique de bas grade, associée à un ensemble de complications rénales, cardiovasculaires, osseuses et musculaires.
Dans ce contexte, les eaux bicarbonatées sodiques apparaissent comme un levier simple et naturel pour réduire la charge acide et renforcer la capacité tampon de l’organisme. Toutefois, leur rôle doit être considéré avec prudence et replacé dans une stratégie globale d’alimentation équilibrée et de prévention clinique.
Pour aller plus loin
Insister sur le rôle complémentaire des bicarbonates dans une stratégie globale, sans les présenter comme une solution unique.
Bibliographie :
Mansouri K., Hanh T., Hahn A. Hydration Meets Regulation: Insights into Bicarbonate Mineral Water and Acid–Base Balance. Nutrients. 2025;17(14):2291. doi:10.3390/nu17142291.
Mansouri K. et al. ; Acid-base balance in healthy adults: beneficial effects of bicarbonate and sodium-rich mineral water in a randomized controlled trial: The BicarboWater Study ; Journal Nutrition Metabolism. 2024 Apr 9 : 2024 : 3905500.
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